Les amateurs d’art en ont forcément entendu parler ou du moins, cela ne saurait tarder. Artips est une start-up française qui a commencé comme une newsletter à la fois drôle et intelligente qui, trois fois par semaine, présente de façon simple, une anecdote autour d’une œuvre d’art. Elle a conquis plus 200 000 abonnés à ce jour. Le 26 décembre dernier, les abonné.es à la newsletter ont eu l’heureuse surprise de découvrir l’application mobile Artips, disponible sur Android et iPhone. Nous avons interviewé Coline Debayle, co-fondatrice de la startup qui, en créant des temps de contemplation dans le quotidien de nos vies actives, réinvente tout un art de vivre.

Coline Debayle, comment votre parcours vous a-t-il menée à la création d’Artips ?

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Coline Debayle, co-fondatrice

Diplômée de Sciences-Po et d’HEC Paris, j’ai découvert l’entrepreneuriat lors de mon année d’échange à Berkeley, en Californie. Pour autant, je ne pensais pas être capable d’être moi-même entrepreneure. Ce n’est qu’en multipliant les rencontres et les stages dans des univers très variés que j’ai pu me décider. J’ai, par exemple, effectué un stage chez Michel&Augustin, qui était alors une jeune start-up, dans du conseil pour le micro-crédit, dans le fond d’investissement Creadev. J’ai rencontré mon associé alors que j’étais en dernière année à Sciences Po lors d’un start-up week-end et j’ai lancé Artips.

Quel(s) besoins) avez-vous remarqué(s) avant de créer Artips ? Quels défis souhaitiez-vous 
relever ?

Le projet est né d’une frustration que je partageais avec mon associé, Jean Perret. J’étais très attristée de constater que, dans la vie active, on manque de temps pour se cultiver ou pour visiter des expositions. Jean, quant à lui, se levait tous les matins à 5 heures afin de lire de l’histoire de l’art avant d’aller développer des solutions techniques innovantes. Nous souhaitions tous les deux rendre l’art accessible à tous, en terme de temps mais aussi de contenus.

Pourquoi le format de la newsletter ?

digital-entertainment-post-artips-pub-web_paysageUne newsletter, c’est accessible à tous. Aujourd’hui, presque tout le monde a une adresse mail. Cela permet aux utilisateurs de lire leur anecdote sur n’importe quel support (ordinateur, mobile ou tablette) et à n’importe quel moment. On peut profiter de son anecdote à n’importe quel moment, n’importe où.

Vous avez fait le choix d’une tonalité décalée et optimiste. Qu’est-ce qui motive un tel choix ?

L’histoire de l’Art est souvent jugée compliquée, inaccessible et pas très amusante. Avec Artips, nous voulons dépoussiérer cette image. Nous voulons permettre aux gens de se cultiver en s’amusant. Et surtout, nous voulons parler au plus grand nombre et notamment à ceux qui sont novices. Ce type de format permet aussi une meilleure mémorisation. Il est beaucoup plus facile d’apprendre une anecdote courte et drôle qu’une définition encyclopédique. C’est pour cela que nous avons choisi ce ton décalé et facile d’accès.

Quelle est la cible d’Artips ?

Tout le monde peut être intéressé par Artips ! Quel que soit l’âge ou le niveau d’éducation, nos anecdotes parlent à tous. Le ton Artips permet d’intéresser des personnes totalement novices mais aussi des personnes beaucoup plus expérimentées. Chacun trouve son niveau de lecture.

Vous avez récemment lancé l’application mobile Artips. Était-ce un choix que vous aviez dès le départ ou un besoin exprimé par les abonnés de la newsletter ?

digital-entertainment-post-artips-application-mobileNous avons lancé l’application mobile Artips car nos lecteurs en ont exprimé l’envie. En effet, ils souhaitaient pouvoir retrouver l’ensemble de nos anecdotes sur un même musée ou même peintre en un clic. Beaucoup nous ont demandé aussi si on pouvait raconter des histoires sur des expositions pour accompagner leur visite. Nous avons donc lancé « Les 10 secrets de… », une application mobile qui regroupe les 10 meilleurs secrets des plus grands musées et expositions de France (et bientôt d’Europe !)

Développez-vous des partenariats avec des musées et galeries d’art, dans le cadre de projets de médiation culturelle numérique, par exemple ?

Nous avons déjà des partenariats avec des musées. Nous mettons en avant une œuvre de leur exposition ou de leur collection permanente à travers une histoire ludique et nous l’envoyons dans la newsletter. Nous avons déjà travaillé avec Le Louvre, le Musée Rodin, le Palais de Tokyo, le Palais des Beaux-Arts de Lille ou encore le MUCEM.

Pourra-t-on bientôt placer de la publicité dans les newsletters ou sur l’application ? (par exemple, 
des annonceurs issus du milieu culturel)

Nous tissons déjà des partenariats avec des musées qui souhaitent parler de leur expo ou leur collection permanente. Mais nous racontons toujours une histoire à la manière d’Artips. Nous ne ferons jamais de publicité sauvage, avec des bannières. La qualité de nos envois est vraiment une priorité.

Sur les newsletters, on peut voir que vous recherchez de nouveaux rédacteurs : est-ce pour donner 
à Artips une dimension de co-création (crowdsourcing, des contenus open-source) ?

La plupart des rédacteurs ont leurs préférences en matière d’art. Avoir un grand nombre de rédacteurs nous permet de varier les anecdotes et de parler de tous les styles.

Combien d’abonnés avez-vous à ce jour ? Quel est le prochain défi d’Artips ?

Musiktips
Musiktips

Nous avons déjà 200 000 lecteurs ! Nous venons de lancer Musiktips. Les abonnés recevront chaque samedi une anecdote insolite à propos d’un chanteur, d’un musicien ou d’un compositeur. C’est une newsletter qui fonctionne comme Artips : gratuite, par e-mail et toujours le même ton décalé et amusant.

 

Propos recueillis le 1er février 2016 par J • Wamal, pour P:S • Arts & Entertainment.