Il existe un site sur lequel des écrivains déposent leurs manuscrits, les protègent et les mettent à la disposition de lecteurs et de maisons d’édition. Il s’appelle Lecthot, et c’est le projet conjoint de Victoire de Piédoüe d’Héritot, diplômée en lettres classiques et modernes, et de son frère Guillaume. Tous deux ont confié la direction marketing de cette entreprise à François-Marie Charmet. Dans le cadre de leur actuelle campagne de crowdfunding, Victoire et François ont accepté de répondre à nos questions.

Avant toute chose, quelle est la bonne manière de prononcer ?

 

Lecthot : Thot est le dieu égyptien de l’écriture. La prononciation est [lɛktᴐt]  (« lektott »), contraction de la lecture et de l’écriture.

Comment est venue l’idée de Lecthot ?

digital-entertainment-post-profession-scribe-lecthot-Victoire-Piédoue-Héritot
​Victoire de Piédoüe, co-fondatrice de Lecthot

Lecthot : À l’origine du projet, l’objectif était d’aider les auteurs à se faire publier en créant la première interface de rencontre entre auteurs, éditeurs et lecteurs. Puis, celui-ci s’est enrichi par la volonté de renforcer le lien qui unit le lecteur au livre, et conférer au lectorat français une place de premier choix, en amont des décisions éditoriales.

C’est pourquoi Lecthot comprend au cœur de ses services le bookclub : une vaste communauté de lecteurs représentative du lectorat français offrant aux auteurs et aux éditeurs les moyens d’anticiper l’impact public d’un manuscrit ou de promouvoir un livre déjà publié.

À quel(s) besoin(s) répond Lecthot ?

Lecthot : Lecthot a choisi de répondre aux besoins de trois intervenants différents, mais qui sont intimement liés :

– les auteurs ne savent pas toujours comment trouver un éditeur et apprécier les lignes éditoriales respectives des maisons. Lecthot, se charge de chercher les maisons d’édition adaptées à leurs manuscrits.

– les éditeurs doivent faire des choix éditoriaux en adéquation avec leurs critères et ceux du lectorat. Ils cherchent parallèlement des solutions pour promouvoir leurs titres. Lecthot leur vient en aide dans ces deux aspects, grâce au Bookclub.

– les lecteurs sont en quête d’avis de qualité pour orienter leurs lectures, et peuvent trouver sur Lecthot, avis et lectures.

 

Le choix de se présenter comme un “site de rencontre” : un choix anodin ?

Nous avons fait ce choix pour marquer le fait qu’il ne s’agit pas uniquement d’un site professionnel pour éditeurs mais avant tout d’un espace de découvertes littéraires. Le lecteur est le sujet central d’une relation à trois, forgeant la rencontre essentielle entre l’éditeur et l’auteur.

Quelle est la cible privilégiée de Lecthot ?

Le lecteur est le sujet central de Lecthot et du marché de l’édition, de manière générale. Les auteurs et les éditeurs sont unis, plus que jamais à l’ère du numérique et de l’autoédition par une même quête : trouver leur lectorat.

La cible de Lecthot est ainsi tout lecteur de “7 à 77 ans”, intéressé par la littérature générale, jeunesse mais aussi plus spécialisée.

Quel avenir pour le marché du livre selon vous, et quelle place pour Lecthot dans ce paysage ?

François-Marie Charmet, responsable marketing
François-Marie Charmet, responsable marketing

Lecthot : Le marché du livre n’a jamais été aussi concurrentiel et l’offre est plus que conséquente. Contrairement à d’autres pays, le lecteur français reste un consommateur fidèle du produit livre. Il est donc assez difficile de prédire l’avenir du marché du livre.

En revanche, ce marché s’adapte à son évolution. Lecthot évolue dans ce sens là. Le web a bouleversé le schéma traditionnel de consommation. Si l’offre et la demande perdurent, le consommateur ne dispose néanmoins plus des conseils des vendeurs en point de vente. Il est alors obligé de se fier aux avis des consommateurs sur les sites marchands. Et les interrogations sont toujours les mêmes : qui est derrière le commentaire ? A-t-il les mêmes goûts que moi ?…

Lecthot assure la fiabilité des avis via la norme AFNOR et au potentiel consommateur d’être conseillé par quelqu’un qui lui ressemble. Le consommateur est aujourd’hui devenu le premier vendeur d’un produit, tous secteurs confondus.

 

Propos recueillis le 23 décembre 2015 par J • Wamal, pour P:S • Arts & Entertainment.